Comment aider les couples issus de cultures différentes?

coupleLes études sur les différences culturelles peuvent-elles aider les couples de cultures différentes ? Je le pense.
Car c’est un phénomène banal maintenant. Notre siècle est celui de l’abolissement des distances, celui des rencontres, celui des couples d’origines variées.
Un vague de difficultés apparaît clairement à l’arrivée du premier enfant.

Pour le couple, le choc est d’autant plus rude qu’il est inattendu.Chacun des parents est mû par un besoin irrépressible d’assurer à son enfant le même cadre de valeurs que celui qu’il a lui-même reçu. Même si chaque parent est déterminé à faire l’inverse pour certains détails spécifiques qui l’ont fait souffrir dans son enfance, il reproduira dans l’ensemble un schéma qu’il a connu.

Les scientifiques appellent homéostasie la force extrêmement stabilisatrice propre à créer un cycle. Qu’ils le veuillent ou non, les parents ont tendance à transmettre l’éducation qu’ils ont reçue. Geert Hofstede rappelle que « la culture est la programmation mentale inconsciente » et c’est naturellement que le parent obéi au programme en question.

D’autant plus fermement ici que répéter l’éducation reçue induit une « fidélité » à ses parents. C’est une forme de reconnaissance de ses parents, de son groupe, de sa culture, donc un peu de soi-même que d’éduquer son enfant comme nous l’avons été. Il n’est pas naturel (ni courant) d’y renoncer et le parent qui le ferait révèlerait peut-être un autre problème identitaire profond. J’entends déjà les jeunes parents s’écrier : « justement, nous souhaitons offrir la double culture à notre enfant pour les enrichir ! »
Nous voilà au coeur du piège. Piège affectif, intellectuel et culturel. La double culture – selon l’acception de Hofstede – est impossible.

Quelques exemples ?
Si vous êtes français et votre conjoint américain, vous devez faire des choix. Direz-vous à votre enfant de 4 ans : « Tu manges ce que nous t’avons préparé et tu restes à table avec nous » ou bien le laisserez-vous décider ce qu’il veut manger, quand il veut, où il veut ?
Ici, c’est un élément profondément culturel qui est le rapport à l’autorité et au pouvoir qui est en jeu. Le parent américain détestera l’idée de la contrainte, et prônera un dialogue patient. Le parent français souhaitera initier jeune l’enfant à la variété culinaire, au vivre ensemble, au respect de l’aîné.

Autre exemple ?

Si vous êtes belge et votre conjoint indonésien (ou marocain) jusqu’à quelle âge l’enfant aura-t-il le droit de venir dans le lit des parents : 2 ans ? 6 ans ? 12 ans ?

Ici aussi, c’est un élément profondément culturel qui est l’individualisme : la capacité de l’être à prendre sur soi.
L’inconscient guidera l’un et l’autre parent ; les tensions peuvent être importantes et les discussions tourner en dispute.
Tant que les parents n’auront pas identifié que la source du problème est dans l’altérité culturelle, le danger de ne jamais réellement trouver la paix est réel.

La solution ?

S’initier à la méthode Hofstede peut-être un excellent moyen d’aborder le sujet.
Le père et la mère peuvent faire un parcours ensemble, et découvrir les enjeux de leurs règles éducatives. Car l’aspiration commune à tout parent est de mener à l’âge adulte un être qui respectera les 2 cultures, mais qui aura ancré en lui un ensemble de charactériques cohérentes.
C’est en « conscientisant » ce qui est en jeu, qu’ils seront capables d’arrêter des choix éducatifs.
Ceci fait, ce sujet ne sera plus une source de discorde dans le couple.
De quoi s’agit-il ?

Les parents feront ensemble une démarche, affectivement agréable et intellectuellement intéressante. Il ne s’agit donc pas d’une thérapie, ni d’un « travail sur soi » qui demanderait investissement et courage ; il s’agît plutôt de prendre conscience de ce qui caractérise les cultures de chacun des parents et d’étudier sereinement les enjeux pour l’éducation des enfants.
Ensuite, il sera plus aisé pour les parents d’arrêter des choix éducatifs correspondants aux valeurs qu’ils souhaitent transmettre. Ce qui représentera « une culture » selon notre acception du terme.
Ceci n’empêchera en rien l’enfant d’avoir une « double culture », (selon l’acception populaire) c’est à dire : s’exprimer dans les 2 langues, connaître les usages et costumes de chaque culture et avoir les comportements adéquats pour chaque circonstance de la vie.

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