Critiquer son patron sur Internet constitue une faute grave

« En Belgique, le cadre d‘une société cotée en bourse l’a appris à ses dépens : celui qui critique son employeur ….risque d‘être licencié pour faute grave et sans indemnité de rupture » L’ECHO samedi 12 octobre 2013
Les juristes spécialisés poursuivent en expliquant que le contexte doit être pris en compte, qu’un syndicaliste aura le droit de critiquer sans encourir la même sanction, et qu’il est normal que la « liberté d’expression aie ses limites ». Et rajoute que, ce faisant, la cours Belge a suivi la jurisprudence Européenne en la matière. On pourrait donc penser que ce type de soucis est monnaie courante dans tous les pays européens.
Je ne le pense pas. Je pense que les valeurs culturelles belges induisent un leadership et un management particulier.

En d’autres mots, je pense que cela ne se passerait pas comme çà en Allemagne, en Grande-Bretagne ou au Pays-Bas-Bas, pour rester simplement en Europe.
Non pas que le concept de « loyauté » n’existe pas chez eux, mais qu’il prendrait d’autre forme, plus ouverte, plus franche.
Pour rappel, la méthode du Prof. Geert Hofstede, mesure une « distance hiérarchique » dans chaque culture. La culture belge est 65, l’Allemande à 35, la néerlandaise à 38, la britannique à 35 .
Concrètement, le cadre allemand, britannique ou néerlandais en désaccord avec sa direction le manifeste assez ouvertement, et la discorde nécessite (très) rarement l’obligation d’aller devant les tribunaux.
Au Pays-Bas, je dirais même que c’est la direction qui – le plus fréquemment – organise des réunions internes pour s’assurer ANTICIPATIVEMENT de l’adhésion de l’ensemble de l’encadrement.
En Allemagne, cela prendra un caractère plus hiérarchique, mais ne vous y trompez pas : l’infériorité hiérarchique ne veut pas dire soumission dans cette culture, et le cadre en désaccord le manifestera et posera une ou des questions précises, auxquelles il lui sera répondu. Cela ne lui causera – normalement – aucun préjudice.
En Grande-Bretagne, le cadre aura pris à part son supérieur hiérarchique (le fameux « Could I have à word, please ? ») Et il aura pu exprimer très clairement son désaccord.
S’il n’obtient pas de réponse satisfaisante, il sera acquis « qu’il n’est pas convaincu ».

Dans aucun des pays cités, une critique de sa direction sur Facebook ne sera tolérable. Mais le nécessaire aura été effectué anticipativement pour désamorcer le désaccord.

Quels enseignements tirer de cette anecdote ?
– dans notre culture la Direction considère être seul maître à bord, entend être obéie, n’apprécient pas la contradiction et présume de l’adhésion de l’encadrement ;
– Cet état d’esprit ne conviendra pas si l’entreprise à l’intention d’employer du personnel international, car l’étranger (Allemand, Britannique ou autres) conservera son comportement habituel dans une structure belge. C’est une des raisons pour laquelle les entreprises dites « internationales » adopte souvent la culture anglo-saxonne (à tout le moins essayent-ils)  ;
– La justice d’un pays est adaptée à la culture du pays ;
– Et enfin, je ne me lasserai jamais de le dire, c’est en observant ce qui se passe dans d’autres cultures que nous apprenons sur nous-même et pouvons parfois nous en inspirer pour améliorer notre comportement.

Encore une bonne raison de faire appel à un consultant quand on travaille à l’international…

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