Un choc culturel = barbarie?

Les larmes séchées et le deuil terminé, il faudra bien que la vie reprenne en France.

Il faudra surtout s’expliquer l’enchainement qui a permis de conduire à la barbarie, comprendre comment on en est arrivé là. Au risque de devoir revivre un drame similaire qui replongera la France dans une stupéfaction plus grande encore.

La piste de réflexion que je propose est d’analyser la situation sous l’angle du choc culturel, c’est à dire la rencontre entre deux notions légitimes à chacun, et qui pourtant sont incompatibles.

D’une part, la liberté d’expression.

La liberté d’expression est une valeur importante pour tout le monde occidental, mais la France y a rajouté la liberté d’impertinence, qui s’exprime particulièrement par la publication satyrique Charlie Hebdo.   La société française, qui se débat encore dans sa structure hiérarchique puissante ne peut vivre sans cet exercice libératoire qu’est l’impertinence et la dérision du pouvoir et de l’autorité sous toutes ses formes.

Et d’autre part, le sacré.

Il s’agit d’idée, de concept ou de personne qu’une culture décide de placer au-dessus de tout, dans son système de valeur, sans explication, sans justification. La sacralisation est un signal émit pas chaque culture vis à vis de toutes les autres pour signifier : ne touchez pas à cette valeur-là, car elle m’est trop précieuse.

Une définition plus savante : le sacré est une notion d’anthropologie culturelle permettant à une société humaine de créer une séparation entre le différents éléments qui composent son monde. La sacralisation permet de distinguer le profane, l’ordinaire de ce qui est spirituel, divin. Or, dans le drame qui nous occupe, la religion musulmane prévient le monde occidental depuis longtemps : ne touchez pas à la figure sacré de Mahomet.

Nous voilà bien dans le cadre d’un choc culturel  car deux notions respectables prises séparément vont ici s’affronter de manière brutale sur un territoire exigu : le culturel. Car d’une part, la culture française souhaite exercer sur son sol un besoin irrépressible de s’exprimer, quitte à se moquer de l’autorité religieuse, d’où qu’elle vienne. Et de l’autre, une religion venue du Moyen-Orient, exigeant le respect d’une figure sacrée.

Les barbaries se fabriquent dans ce terreau-là : celui de l’absence de respect, celui de l’ignorance de l’autre. Quand les mots sont impuissants, il ne reste plus que la destruction de l’autre. L’histoire nous l’a prouvé.

Avec une planète qui hébergera 9 milliards de personnes en 2060, il faudra bien se respecter les uns, les autres ; trouver une manière de vivre ensemble en respectant même ce qu’on ne comprend pas chez l’autre. Comment faire? Qu’en pensez-vous ?

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